Pourquoi les célébrités investissent-elles dans l’esport ?

Il y a près d’un mois Keanu Reeves, acteur vedette de la saga Matrix, faisait forte impression lors de son apparition sur la scène de l’E3 (plus grand salon mondial de jeu vidéo) se déroulant comme chaque année à Los Angeles. Ne se contentant pas d’être présent pour annoncer la date de sortie de l’opus « Cyberpunk 2077 » (avril 2020), l’acteur américain apparaîtra aussi en tant que personnage majeur du jeu.

Loin d’être la première célébrité à investir l’univers du jeu vidéo, Keanu Reeves a cependant le mérite d’avoir répondu à la question “pourquoi investir dans l’esport ?” en entérinant auprès du grand public l’idée que la scène vidéoludique fait bel et bien partie des industries majeures du divertissement à l’échelle mondiale. Qu’il s’agisse d’icônes de la musique, du cinéma ou du sport, le jeu vidéo et sa version compétitive l’esport sont devenus en quelques années l’El Dorado des fortunés du monde entier. Que recherchent ces super-stars en investissant dans ce milieu et de quels bénéfices communs bénéficient ces industries en s’alliant ? Voici quelques éléments de réponse à la question.

Le jeu vidéo, nouveau leader de la pop-culture

Devenu le premier marché culturel en France, le jeu vidéo est aujourd’hui indissociable de la pop-culture mondiale. C’est donc tout naturellement que les pôles culturels historiques tels que le cinéma ou la musique se sont rapprochés de cet univers ces dernières années. C’est d’autant plus compréhensible de par la conjoncture actuelle qui veut que ces industries traditionnelles connaissent un essoufflement du à la digitalisation des modes de consommation de leurs contenus. Netflix, OCS et consorts drainent les publics de la télévision et du cinéma là où l’utilisation des plateformes de streaming musical telles que Spotify ou Deezer fait de l’ombre aux ventes matériels de disques.

Qu’il s’agisse des blockbusters américains en perte de vitesse aux États-Unis ou de la bataille acharnée autour du marché de la musique en streaming, l’on comprend donc que les institutions tout comme leurs acteurs eux-mêmes se doivent de trouver des solutions pour rebondir et continuer d’exister. Les exemples tels que celui du rappeur Drake qui a permis de battre le record de viewers Twitch sur Fortnite ou d’Ashton Kutcher investissant dans une startup de paris esportifs en ligne ne sont que la partie émergée de l’iceberg.
L’esport ne se cantonne cependant pas aux vedettes de cinéma ou de la musique, loin de là. Il est devenu ces dernières années un puissant levier économique outrepassant les frontières des industries, des pays et des générations. Le sport « traditionnel » (et notamment le football) est d’ailleurs l’une des premières places économiques majeures où le jeu vidéo compétitif (l’esport) a fait son nid.

Du sport à l’esport, le raccourci était déjà prêt

De par son nom et depuis sa démocratisation, l’esport est constamment comparé et mis en parallèle avec le sport traditionnel. Aujourd’hui, de réelles synergies ont été créées entre les structures sportives et esportives. Qu’il s’agisse de clubs de football tels que le Paris Saint Germain ou Manchester City, d’écuries de MotoGP telles que Yamaha ou de franchises de NBA comme les Boston Celtics ou les Philadelphia 76ers, la raison de ces alliances est toujours la même : la recherche de visibilité. Lorsque l’on sait que le business model de la majorité des clubs sportifs repose sur les droits TV et que l’on croise cette information avec le fait que les nouvelles générations délaissent de plus en plus la télévision, le calcul est simple à faire.
Les institutions sportives ont besoin de ces relais que représentent l’esport et le jeu vidéo pour élargir leur audience mais l’inverse est aussi vrai. Maintenant que les compétitions esportives atteignent des seuils stratosphériques en termes d’ampleurs et de visibilité, le besoin immédiat des acteurs de l’esport est celui de structurer leur discipline. Le sport traditionnel apporte donc les infrastructures comme c’est le cas pour Vitality qui est devenu le premier club résident du Stade de France, les moyens financiers, la légitimité générale et le savoir faire organisationnel dont l’esport a besoin pour croître. En échange, il bénéficie de la visibilité exceptionnelle, de la légitimité de niche, de l’élan de fraîcheur et du buzz de ce secteur en plein essor.

Intéressés par les opportunités de l’esport ? Contactez-nous pour plus d’informations

Certains vont d’ailleurs plus loin et ont décidé d’adopter une vision sur le long terme concernant l’esport. C’est le cas de Tony Parker qui a inauguré le 14 mai dernier un cursus esport-étude en collaboration avec la Team LDLC. Ce cursus scolaire débutant en classe de 2nde et calqué sur les cursus « sport-étude » permettra aux élèves sélectionnés de bénéficier de cours d’esport sur différentes disciplines telles que CS:GO ou League Of Legends tout en assistant aux cours plus traditionnels. Le choix de s’associer à l’un des leaders du e-commerce informatique et high-tech en France (LDLC) n’est d’ailleurs pas un hasard.

Au delà de l’ambition de former les futurs champions de l’esport, l’objectif est aussi de créer des synergies intéressantes d’un point de vue purement commercial et de bénéficier des différents leviers propres à ces acteurs. En agissant ainsi les acteurs non-endémiques et endémiques de l’esport effacent petit à petit les frontières qui les séparaient jusqu’aujourd’hui pour laisser place à l’innovation et à la création libre de projets hybrides particulièrement engageants.

Après l’esport, l’esportainment

En effet, de cette tendance est né un concept : « l’esportainment ». Contraction entre esport et « entertainment » (comprendre divertissement en anglais), l’esportainment est en fait le pont déployé entre le monde du divertissement mainstream et l’univers parfois abrupt et technique du streaming de niche, de l’esport et du pro-gaming (comprendre la pratique professionnelle du jeu vidéo). Porté par des influenceurs fédérateurs l’esportainment ne met pas en avant la performance mais bien la popularité des acteurs qui l’animent. De ce fait les audiences touchées ne sont plus exclusivement composées d’experts mais de profils extrêmement variés unis par la volonté de soutenir de leurs influenceurs favoris, par la passion du jeu vidéo ou tout simplement par l’envie d’assister à un spectacle prenant et de vivre un moment agréable en famille ou entre amis.

L’exemple de la Trackmania Cup portée par l’influenceur ZeratoR est saisissant. Réunissant des influenceurs (et leurs communautés) autour du jeu Trackmania qui, d’ordinaire, ne fait aucune vague sur la scène médiatique, la TrackMania Cup est l’exemple parfait du champ des possibles de l’esportainment. En accueillant plusieurs milliers de spectateurs dans des lieux emblématiques tels que l’Accor Hotels Arena ainsi que des millions de viewers sur Twitch et YouTube, cet événement prouve que l’esportainment est devenu un relais incontournable lorsqu’il s’agit de toucher les millennials (15-35 ans).

Bien moins coûteux que le cinéma ou l’industrie de la musique et dans l’air du temps, l’esport a donc de beaux atouts à faire valoir à qui aura l’audace de saisir les opportunités qu’il offre. Ce qui unie d’ailleurs les pionniers du milieu ce ne sont pas les moyens financiers ou la célébrité mais le refus catégorique de rester immobiles face aux changements drastiques dans les modes de consommation du contenu. Ce sentiment global que c’est aujourd’hui que les plus belles opportunités de l’esport se présentent car c’est aujourd’hui que celui-ci a besoin d’acteurs « traditionnels » pour pouvoir se structurer et offrir, en échange, l’étendu des possibilités qu’il recèle.

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Pourquoi les célébrités investissent-elles dans l’esport ?

Il y a près d’un mois Keanu Reeves, acteur vedette de la saga Matrix, faisait forte impression lors de son apparition sur la scène de l’E3 (plus grand salon mondial de jeu vidéo) se déroulant comme chaque année à Los Angeles. Ne se contentant pas d’être présent pour annoncer la date de sortie de l’opus « Cyberpunk 2077 », l’acteur américain apparaîtra aussi en tant que personnage majeur du jeu qui sortira courant avril 2020.

Loin d’être la première célébrité à investir l’univers du jeu vidéo, Keanu Reeves a cependant le mérite d’avoir répondu à la question “pourquoi investir dans l’esport ?” en entérinant auprès du grand public l’idée que la scène vidéoludique fait bel et bien partie des industries majeures du divertissement à l’échelle mondiale. Qu’il s’agisse d’icônes de la musique, du cinéma ou du sport, le jeu vidéo et sa version compétitive l’esport sont devenus en quelques années l’El Dorado des fortunés du monde entier. Que recherchent ces super-stars en investissant dans ce milieu et de quels bénéfices communs bénéficient ces industries en s’alliant ? Voici quelques éléments de réponse à la question.

Le jeu vidéo, nouveau leader de la pop-culture

Devenu le premier marché culturel en France, le jeu vidéo est aujourd’hui indissociable de la pop-culture mondiale. C’est donc tout naturellement que les pôles culturels historiques tels que le cinéma ou la musique se sont rapprochés de cet univers ces dernières années. C’est d’autant plus compréhensible de par la conjoncture actuelle qui veut que ces industries traditionnelles connaissent un essoufflement du à la digitalisation des modes de consommation de leurs contenus. Netflix, OCS et consorts drainent les publics de la télévision et du cinéma là où l’utilisation des plateformes de streaming musical telles que Spotify ou Deezer fait de l’ombre aux ventes matériels de disques.

Qu’il s’agisse des blockbusters américains en perte de vitesse aux États-Unis ou de la bataille acharnée autour du marché de la musique en streaming, l’on comprend donc que les institutions tout comme leurs acteurs eux-mêmes se doivent de trouver des solutions pour rebondir et continuer d’exister. Les exemples tels que celui du rappeur Drake qui a permis de battre le record de viewers Twitch sur Fortnite ou d’Ashton Kutcher investissant dans une startup de paris esportifs en ligne ne sont que la partie émergée de l’iceberg.
L’esport ne se cantonne cependant pas aux vedettes de cinéma ou de la musique, loin de là. Il est devenu ces dernières années un puissant levier économique outrepassant les frontières des industries, des pays et des générations. Le sport « traditionnel » (et notamment le football) est d’ailleurs l’une des premières places économiques majeures où le jeu vidéo compétitif (l’esport) a fait son nid.

Du sport à l’esport, le raccourci était déjà prêt

De par son nom et depuis sa démocratisation, l’esport est constamment comparé et mis en parallèle avec le sport traditionnel. Aujourd’hui, de réelles synergies ont été créées entre les structures sportives et esportives. Qu’il s’agisse de clubs de football tels que le Paris Saint Germain ou Manchester City, d’écuries de MotoGP telles que Yamaha ou de franchises de NBA comme les Boston Celtics ou les Philadelphia 76ers, la raison de ces alliances est toujours la même : la recherche de visibilité. Lorsque l’on sait que le business model de la majorité des clubs sportifs repose sur les droits TV et que l’on croise cette information avec le fait que les nouvelles générations délaissent de plus en plus la télévision, le calcul est simple à faire.
Les institutions sportives ont besoin de ces relais que représentent l’esport et le jeu vidéo pour élargir leur audience mais l’inverse est aussi vrai. Maintenant que les compétitions esportives atteignent des seuils stratosphériques en termes d’ampleurs et de visibilité, le besoin immédiat des acteurs de l’esport est celui de structurer leur discipline. Le sport traditionnel apporte donc les infrastructures comme c’est le cas pour Vitality qui est devenu le premier club résident du Stade de France, les moyens financiers, la légitimité générale et le savoir faire organisationnel dont l’esport a besoin pour croître. En échange, il bénéficie de la visibilité exceptionnelle, de la légitimité de niche, de l’élan de fraîcheur et du buzz de ce secteur en plein essor.

Intéressés par les opportunités de l’esport ? Contactez-nous pour plus d’informations

Certains vont d’ailleurs plus loin et ont décidé d’adopter une vision sur le long terme concernant l’esport. C’est le cas de Tony Parker qui a inauguré le 14 mai dernier un cursus esport-étude en collaboration avec la Team LDLC. Ce cursus scolaire débutant en classe de 2nde et calqué sur les cursus « sport-étude » permettra aux élèves sélectionnés de bénéficier de cours d’esport sur différentes disciplines telles que CS:GO ou League Of Legends tout en assistant aux cours plus traditionnels. Le choix de s’associer à l’un des leaders du e-commerce informatique et high-tech en France (LDLC) n’est d’ailleurs pas un hasard.

Au delà de l’ambition de former les futurs champions de l’esport, l’objectif est aussi de créer des synergies intéressantes d’un point de vue purement commercial et de bénéficier des différents leviers propres à ces acteurs. En agissant ainsi les acteurs non-endémiques et endémiques de l’esport effacent petit à petit les frontières qui les séparaient jusqu’aujourd’hui pour laisser place à l’innovation et à la création libre de projets hybrides particulièrement engageants.

Après l’esport, l’esportainment

En effet, de cette tendance est né un concept : « l’esportainment ». Contraction entre esport et « entertainment » (comprendre divertissement en anglais), l’esportainment est en fait le pont déployé entre le monde du divertissement mainstream et l’univers parfois abrupt et technique du streaming de niche, de l’esport et du pro-gaming (comprendre la pratique professionnelle du jeu vidéo). Porté par des influenceurs fédérateurs l’esportainment ne met pas en avant la performance mais bien la popularité des acteurs qui l’animent. De ce fait les audiences touchées ne sont plus exclusivement composées d’experts mais de profils extrêmement variés unis par la volonté de soutenir de leurs influenceurs favoris, par la passion du jeu vidéo ou tout simplement par l’envie d’assister à un spectacle prenant et de vivre un moment agréable en famille ou entre amis.

L’exemple de la Trackmania Cup portée par l’influenceur ZeratoR est saisissant. Réunissant des influenceurs (et leurs communautés) autour du jeu Trackmania qui, d’ordinaire, ne fait aucune vague sur la scène médiatique, la TrackMania Cup est l’exemple parfait du champ des possibles de l’esportainment. En accueillant plusieurs milliers de spectateurs dans des lieux emblématiques tels que l’Accor Hotels Arena ainsi que des millions de viewers sur Twitch et YouTube, cet événement prouve que l’esportainment est devenu un relais incontournable lorsqu’il s’agit de toucher les millennials (15-35 ans).

Bien moins coûteux que le cinéma ou l’industrie de la musique et dans l’air du temps, l’esport a donc de beaux atouts à faire valoir à qui aura l’audace de saisir les opportunités qu’il offre. Ce qui unie d’ailleurs les pionniers du milieu ce ne sont pas les moyens financiers ou la célébrité mais le refus catégorique de rester immobiles face aux changements drastiques dans les modes de consommation du contenu. Ce sentiment global que c’est aujourd’hui que les plus belles opportunités de l’esport se présentent car c’est aujourd’hui que celui-ci a besoin d’acteurs « traditionnels » pour pouvoir se structurer et offrir, en échange, l’étendu des possibilités qu’il recèle.

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